Réponse à Mme Bleitrach

La réaction de Mme Bleitrach est tout à fait intéressante (c’est ce qu’on dit quand on veut être poli) car complètement à côté de la plaque.

Nous ne sommes ni des "calotins" ni des "personnes en proie à la religiosité". Nous serions plutôt du côté laïc, en réalité. Le contenu de notre site le démontre assez bien, nous semble-t-il : il parle du Tibet sans mentionner la religion, est-ce que cela n’a pas frappé Mme Bleitrach ? Le Tibet ne se résume pas au bouddhisme. Mais peut-être est-ce déjà trop compliqué pour Mme Bleitrach.

Nous ne désignons personne à la vindicte publique : en tant que spécialistes, ne vous en déplaise Mme Bleitrach, nous estimons que votre avis, ainsi que celui des personnes qui sont présentes dans la liste, expriment sur le Tibet une idéologie, et non une connaissance précise lentement mûrie après de fréquents séjours sur place et l’apprentissage difficile de la langue tibétaine. Votre démarche est dangereuse car elle fait abstraction des êtres humains. Vous manipulez des idées (le socialisme, la religion, la dictature, le peuple) mais le 20ème siècle a semble-t-il démontré les limites de la pure idéologie, qu’elle soit d’un bord ou de l’autre. Nous connaissons bien le Tibet, fréquentons des Tibétains de tous bords (jeunes, vieux, croyants, sceptiques, éduqués, analphabètes) et nous pouvons vous garantir qu’il ne s’en trouve quasiment aucun pour apprécier le Grand Frère chinois. Et vous savez pourquoi ? D'une part parce que la société chinoise qui vous fait tant rêver est l'une des plus inégalitaires qui soit, le socialisme qu'elle proclame n'est plus qu'un lointain souvenir et le capitalisme sauvage règne dans l'empire du Milieu. Et parce que les Tibétains n'apprécient pas d'être régentés par un peuple, une langue, des valeurs, une culture (ou ce qu'il en reste) qu'ils ont ignorés pendant des siècles. Les Tibétains ont entretenu des rapports avec l’Inde à laquelle ils ont abondamment puisé, jusqu’au 13ème siècle. La Chine Han n’a jamais compté pour eux : les seules dynasties de l’empire voisin, avec lesquelles ils ont interagi et avec qui il y a eu entente ou échanges, sont des dynasties de nomades non-chinois (Mongols et Mandchous).

Quant aux salles de tortures du Dalaï-lama, nous vous renvoyons à la leçon 7 du Manuel d’éducation patriotique.

Nous ne vous voulons pas de mal : nous sommes simplement agacés par votre prétention à parler de tout (donc de rien) avec une assurance égale. Peut-être devriez-vous vous cantonner à des zones du monde et des civilisations que vous connaissez ? L’Amérique du sud, par exemple ? Là, un monde empreint de chrétienté, des langues majoritairement indo-européennes, un grand méchant (les Etats-Unis) que tout le monde connaît, bref, les choses sont claires. Pour le reste, renseignez-vous, évitez l’ethnocentrisme et acceptez que le colonialisme n’est pas que l’apanage des Européens.

Merci.