Education monolingue

Nous avions parlé, il y a quelques temps, du recul de l’emploi de l’ouïghour comme langue d’enseignement dans les écoles du Turkestan Oriental (Xinjiang) (voir : A Aksu...). Il semble qu’on assiste au même processus dans les écoles du Tibet. Cet article, traduit du site www.tibettimes.net traite de régions de langue et de culture tibétaines situées en dehors de la RAT. Ceci montre bien le mépris dans lequel la langue et la culture tibétaines sont tenues, alors que le gouvernement chinois se targue de protéger la culture tibétaine, en rénovant quelques monastères stratégiquement placés sur les trajets touristiques. (NdT)

Education monolingue

15-11-2008

Le gouvernement chinois impose l’éducation monolinguedans de nombreuses régions tibétaines. Dans beaucoup d’écoles primaires, le chinois deviendrait la seule langue d’enseignement pratiquée, et de nombreuses écoles primaires auraient fermé dans les villages.

L’information est parvenue aux journalistes par téléphone, directement depuis le Tibet. Depuis le début du mois d’octobre, dans des districts de la province du Qinghai (région tibétaine du Domä [mdo smad]) comme à Bayän [ba yan], Yadzi [ya rdzi], ou Chäntsa [gcan tsha], le gouvernement chinois a entrepris des réformes dans l’enseignement, annonçant « l’enseignement unique » et « l’amélioration de l’éducation ». Il a été déclaré que l’ensemble des cours seraient traduits en chinois, que les enfants devraient impérativement se rendre à l’école du chef-lieu de leur district, et ainsi de nombreuses écoles de villages ont été forcées de fermer.

Les classes en lien avec le gouvernement chinois ont ordonné que les élèves des écoles publiques du premier au cinquième niveau [soit, du CP au CM2] soient transférés dans l’école du chef-lieu de district, aussi, les familles rencontrent de grandes difficultés pour y envoyer leurs enfants et aller les chercher. Par conséquent, beaucoup de familles ont retiré leurs enfants de l’école. Les familles dont les conditions de vie sont un peu meilleures, ont pu faire appel à un professeur, et donner une éducation à leurs enfants, mais la possibilité d’étudier a ainsi été supprimée pour les enfants des familles pauvres, qui doivent rester à la maison. Ainsi, dans la préfecture autonome de Känlho Machu [kan lho rma chu, ch. Gannan, au sud de la province du Gansu], cette réorganisation a été mise en place, et tous les cours de l’école primaire ont été traduits en chinois. Cette situation est cause de frayeur et d'angoisse pour de nombreux Tibétains au Tibet.