Nous voulons rentrer chez nous !

Turkestan Oriental

 

Chaque année, de nombreuses jeunes femmes ouïghoures sont envoyées de force dans les régions chinoises pour travailler comme ouvrières dans des usines, sans qu'on leur laisse ni le choix de partir, ni la possibilité de rentrer dans leur région d'origine. Cet article du 17 novembre 2008 du site www.uygur.org, traduit de l'anglais, traite d'une manifestation de ces travailleuses déportées, le 18 décembre 2007 à Chengdu. (NdT)

Nous voulons rentrer chez nous !

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Se retrouver sans logement, à la rue, après avoir échappé au travail forcé, c'est le sort qui attend nombre de jeunes femmes ouïghoures, transférées de force en Chine proprement dite. Après leur fuite, leurs familles sont toujours sévèrement punies par le gouvernement chinois. En effet, celles-ci sont non seulement contraintes de verser une amande de 3000 yuans [environ 300€, or, d’après le site http://www.unescap.org/esid/psis/population/database/chinadata/xinjiang.htm le revenu annuel moyen des citadins au Xinjiang était, en 2000, de 5 817 yuans, et pour les ruraux, 1 618], mais doivent aussi communiquer aux autorités la moindre information sur l’endroit où pourrait se trouver leur fille.

Les photos présentées ici ont été prises par une des jeunes femmes chinoises, qui a été témoin de cette manifestation dans la ville de Chengdu, en décembre 2007. La photo représente un groupe de jeunes Ouïghoures qui crient “Nous voulons rentrer chez nous” et brandissent des drapeaux sur lesquels sont écrits leurs slogans. Les Chinois se sont rapidement rassemblés en grand nombre pour voir la manifestation de ces jeunes filles ouïghoures qui, ayant fui le travail forcé, demandent à rentrer au Turkestan Oriental. Beaucoup de chinois rassemblés pour les observer, considéraient les jeunes femmes avec sympathie, comme le montre le commentaire de l’un d’entre eux “Pauvres filles, elles sont très jeunes et ce n’est pas facile pour elles, de s’adapter à un environnement totalement étranger. Elles ne sont pas chinoises et les seuls mots de chinois qu’elles connaissent sont ‘Nous voulons rentrer chez nous!’” La plupart des témoins de la manifestation étaient d’avis que ces jeunes filles devraient être libres de rentrer chez elles. Cependant, des fonctionnaires du gouvernement les ont finalement obligées à retourner dans leur usine.

Au cours de la manifesation, l’un des fonctionnaires s’est précipité vers l’appareil photo en disant : “Il est interdit de prendre des photos, c’est trop dangereux pour nous tous!”