
Un exemple de la politique de « rénovation » de la vieille ville de Lhasa : l’ancien quartier situé au pied du palais du Potala a été entièrement rasé, pour laisser place à ce gigantesque espace vide, où les touristes chinois viennent se faire photgraphier en "vêtements tibétains traditionnels", et où les militaires peuvent défiler.
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Sur la plaque célébrant cette construction, voici ce que l'on peut lire, en chinois en en anglais (en treize ans, le temps ou l’argent n’a pas été trouvé pour finir de graver et de peindre le texte en tibétain, à gauche…) : « Avec un investissement total de 110 millions de yuans, le projet de construction de la place du Potala est l’un des soixante-deux projets qui bénéficient du soutien du gouvernement central. Le projet comprend le pavage des 11084,1 mètres carrés de la route et de la place, les 35 000 mètres carrés d’espaces verts, la restauration des Cha Guo Galin, les trois stûpas blancs, la préservation, en plusieurs sites, des murs de la vieille ville, ainsi que de certains bâtiments, le déménagement de 670 foyers et 15 entreprises et institutions, la reconstruction de nouveaux quartiers résidentiels, d’une école, d’équipements municipaux etc. La mise en œuvre du projet a commencé le 18 octobre 1994, et s’est achevée le 25 Août 1995. Gouvernement du peuple de Lhasa, Novembre 1995. » Ces 110 millions de yuans (environ 11 millions d'euros) font partie de l'aide pour le Tibet, accordée par le gouvernement central ou par des provinces chinoises (30 milliards de yuans en 2001 pour le 1er, 1 milliard pour les secondes). En quoi ces 110 millions de yuan ont-ils bénéficié aux Tibétains, aux pauvres, aux ruraux ? Comme le montre bien Andrew Fischer dans ses études sur l'économie en RAT, la très grande majorité des dépenses du gouvernement central chinois, ou des provinces au nom de l'aide pour le Tibet, ne servent qu'à entretenir la machine d'Etat, sans se soucier du bien-être du peuple tibétain. Sachant que près de 50% des enfants tibétains ne sont pas alphabétisés, que 10% des Tibétains vivent en RAT sous le seuil de pauvreté (fixé à 10 euros/mois et par personne), pourquoi ces 11 millions d'euros n'ont-ils pas été orientés vers de réels projets sociaux ? Pour permettre à quelque entreprise du bâtiment chinoise de s'engraisser, peut-être ? |
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