Une preuve vivante - ཚེ་སྲོག་གི་བདེན་དཔང༌།

Politique

Article paru dans : http://www.tibettimes.net/news.php?showfooter=1&id=546

 

« La raison pour laquelle je mets fin à ma vie n’est en rien une raison personnelle. C’est pour montrer clairement au monde entier la situation terrible du Tibet, où la liberté et les droits de l’homme sont inexistants. Cette fois, c’est ma vie qui apportera la preuve de la situation réelle des tibétains. »

Ce message a été retrouvé dans la poche de la chemise de Lhündrup Zhuwa, un élève de la province du Qinghai, de la région de Malho, préfecture de Kangtsa, village de Yulung, après qu’il se soit suicidé vers midi, le 18 Octobre, en se jetant du troisième étage, par la fenêtre du dortoir des élèves de première année du secondaire [supérieure] de l’école des nationalités de la préfecture de Chentsa dans la région de Malho.

Il s’est avéré que c’était le testament laissé pour son frère aîné. Dans cette lettre, il écrit : « La raison pour laquelle je mets fin à ma vie n’est en rien une raison personnelle. C’est pour montrer clairement au monde entier la situation terrible du Tibet, où la liberté et les droits de l’homme sont inexistants. Cette fois, c’est ma vie qui apportera la preuve de la situation réelle des tibétains.

Il y a deux espoirs pour lesquels je donne ma vie. Tout d’abord, tant que le Tibet ne sera pas libre, chacun doit faire des efforts dans cette direction. Ensuite, tous les professeurs doivent s’efforcer de perpétuer notre langue maternelle tibétaine.»

L’élève Lhündrup allait avoir 17 ans cette année. C’était un élève de la première classe de l’école secondaire [supérieure] des nationalités de la préfecture de Chentsa dans la région de Malho. Cela faisait à peine un an qu’il il était dans cette école, mais il comptait parmi les meilleurs élèves dans tous les domaines : études, comportement, réflexion… De plus, il avait de grandes connaissances en tibétain oral et écrit, comparables à celles requises à l’université. Nombre de ses textes avaient paru dans des journaux et des revues. Son frère aîné, Jamyang Gyatso, ou, de son nom de plume, Özhu, écrit également.

Les deux frères ont chacun publié un livre. Celui du défunt Lhündrup est intitulé « le fil ténu de la continuité ». Lhündrup comptait parmi ceux qui ont décroché et brûlé le drapeau chinois de la cour des écoles primaire et secondaire de la préfecture de Chentsa lors des évènements au Tibet, suite au trentième anniversaire [ ? ], cette année. La raison invoquée était qu’à ce moment là, le gouvernement chinois avait commencé à faire pression sur cette école.

Ces informations m’ont été données directement du Tibet par téléphone, pour que l’on continue à parler de la situation, pour que je fasse connaître cette situation à l’extérieur, pour que je fasse entendre à tout le monde que Lhündrup a donné sa vie pour le Tibet. On m’a dit : « De courageux Tibétains restés au Tibet apportent ainsi la preuve de leur vie, mais d’autres aussi, par divers comportement altruistes réalisent beaucoup de choses. A l’avenir aussi, ils réaliseront beaucoup de choses. Mon espoir est que tous les tibétains vivant à l’étranger continuent à faire des efforts, sans perdre courage. »

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